
Couvreur à Lisieux
Une cathédrale du XIIIe siècle au milieu d'une ville des années 1950
Lisieux s'est reconstruite après juin 1944 avec un matériau et une méthode précis, qu'on retrouve encore aujourd'hui sur la majorité des toits du centre.
Ce que les bombardements de juin 1944 ont changé
Avant 1944, Lisieux était réputée pour son bâti à pans de bois, au point d'être surnommée capitale du bois sculpté. Les bombardements des 6 et 7 juin 1944 ont détruit environ les deux tiers de la ville. La reconstruction, conduite par l'architecte Robert Camelot à partir de 1945, a fait le choix de toits en ardoise sur des structures en béton et en brique, avec des ouvertures normalisées selon les préconisations du Ministère de la Reconstruction. La cathédrale Saint-Pierre, gothique du XIIIe siècle, et le palais épiscopal voisin ont survécu et détonnent aujourd'hui au milieu de ce tissu urbain reconstruit.

Trois quartiers, trois profils
Le centre reconstruit, en ardoise sur béton, arrive aujourd'hui à un âge où la zinguerie d'origine demande généralement une reprise. Le quartier de la ZUP de Hauteville, aménagé à partir de 1961, présente un bâti collectif plus récent avec ses propres enjeux d'étanchéité en toiture. Le secteur de la basilique Sainte-Thérèse, deuxième lieu de pèlerinage catholique de France, concentre un bâti d'accueil et hôtelier construit pour une fréquentation touristique continue toute l'année.
Lisieux se trouve au confluent de plusieurs cours d'eau — la Touques et ses affluents l'Orbiquet et le Cirieux — dans un secteur parmi les plus arrosés du Pays d'Auge, ce qui favorise le développement de mousses sur les toitures les moins exposées.
Une ville-sanctuaire toute l'année
La basilique Sainte-Thérèse, bénie en 1937, fait de Lisieux le deuxième lieu de pèlerinage catholique de France après Lourdes, lié à la vie de Thérèse Martin et au Carmel de la ville. Ce statut entretient un flux de visiteurs continu, bien au-delà de la seule saison estivale, et a justifié la construction d'un parc hôtelier et d'accueil conséquent autour du sanctuaire — un bâti aux usages intensifs, où l'entretien de toiture répond à une logique plus proche de l'hôtellerie que de l'habitat résidentiel classique.
Rocques, Saint-Désir ou Saint-Martin-de-la-Lieue, communes limitrophes, ont elles aussi connu une part de la reconstruction d'après-guerre, dans un secteur où juin 1944 a profondément redessiné jusqu'à cinquante kilomètres à la ronde.
La ZUP de Hauteville, aménagée à partir de 1961, a suivi une logique de construction différente de celle du centre-ville Camelot, avec des immeubles collectifs plus hauts et des toitures souvent moins pentues. Un même diagnostic ne peut donc pas s'appliquer indifféremment aux deux secteurs : le vocabulaire technique change, tout comme l'âge exact des éléments à contrôler en priorité.
Depuis Troarn
Une quarantaine de kilomètres et 45 minutes de route séparent Troarn de Lisieux. On intervient dans le centre reconstruit comme dans les quartiers périphériques, jusqu'à la ZUP de Hauteville et aux abords de la basilique Sainte-Thérèse, quel que soit le quartier concerné.
Une toiture d'après-guerre à contrôler à Lisieux ?
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